21/01/2006

 Vesdre: le faux veut paraître vrai

Le faux veut paraître vrai

 

La toiture envisagée pour le nouveau complexe Spintay devrait rappeler une vague ondulante.  Cela peut paraître original.  Toutefois… ce n’est pas un « toit ondulé » et figé qui va compenser la « défigure de style » imposée à la Vesdre vivante. 

La Vesdre n’a pas besoin de rappel immobile, car elle est capable d’assumer elle-même ses fonctions urbaines au travers de son courant naturel.  Le style allusif du toit rappelant des vagues ne compensera jamais la naturalité du courant de la Vesdre. 

La Vesdre est physiquement présente ; il faut s’en servir comme élément architectural de base au projet.  A quoi bon figer un souvenir de Vesdre au toit comme un simple post-it, alors que le projet ne colle pas avec le paysage !  Les architectes abusent souvent des figures allusives sans rechercher l’élément original : des toits en forme de ceci (dragées, coquillages,…), des murs comme cela (boîtes à chaussures, silos à grains,…),…

Il faudrait sans doute s’extasier devant les déformations et fantaisies de certains architectes qui osent se qualifier de « créateurs… » ?

C’est inimaginable que de faire passer la pilule du marchandage de la couverture de la Vesdre par un toit ondulé.  Et pourquoi pas un « toit ouvrant » ou un « plancher ouvert » ?

L’absurde : la mode du mauvais goût, du tout-faux, de l’illusion et de l’artifice : faux biefs, fausses fontaines, écoulements en circuit fermé, bacs à fontaine et cruches à lait devenus pots de fleurs ; on est en plein dans la continuité du haut de gamme architectural des « pneus pots de fleurs »...

A forcer de vouloir dépayser les espaces, on finit par les dénaturer au travers d’enlaidissements esthétiques.

 

 

Les Priorités de chacun

Les priorités des promoteurs

Il paraît évident que les promoteurs veulent occuper sans se préoccuper.

Priorité à la rentabilité financière des investissements immobiliers et donc « occupation intensive » de l’espace sans préoccupation au niveau de l’écologie paysagiste urbaine.

 

 Les priorités à développer

 Création d’un Conservatoire de l’espace Vesdre (rivière et berges).

  • Eviter la mise en boîte de la Vesdre en lui garantissant sa mise en nature et en paysage urbain.
  • Revendiquer le « droit au paysage » pour l’environnement Vesdre, rivière à part entière.  La Vesdre fait partie intégrante du milieu et du paysage urbain.

La Vesdre est un « acteur » environnemental urbain à part entière.  Dans cette situation, c’est plus le rapport de l’homme au sol qui compte davantage que les rapports entre les hommes.

Développer un écosystème urbain intégré favorisant les interactions entre les éléments naturels et artificiels (faire avec, développer avec, vivre avec, et non sans !) limiterait les pressions spéculatives immobilières sur la Vesdre au centre-ville (milieu naturel remarquable, lit de rivière et paysage).

L’homme est entouré de choses qu’il n’a pas créées.  Les rivières ont sculpté nos vallées.  Elles s’approprient naturellement l’espace.  En canalisant les berges des rivières, l’homme s’est approprié à son tour les cours d’eau.  Nous pouvons remodeler ou inventer des paysages.  Cette appropriation de l’espace « rivière » a des limites à ne pas dépasser.  La rivière est espace et territoire d’eau (lit de rivière, berges), mais aussi une ambiance de vie.

 

Un espace fait pour conserver sa vocation naturelle récréative en plein air.

20:55 Écrit par nic | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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