29/01/2006

Peut-on faire n'importe quoi parce que c'est la ville?

Chaque chose à sa place, c'est bien vrai... ainsi la campagne à la campagne, la ville à la ville.  

Mais il ne faut pas oublier que depuis que l'homme s'est activé plus que les autres êtres terrestres, il n'est pas un endroit qui n'ait pas été refaçonné.  Par ses activités, l'homme redessine les paysages.  Campagnes, forêts, villages,villes, zones industrielles et commerciales, tout est le fruit de l'organisation humaine.  Tout est "zoné", classé, répertorié, territorialisé, spatialisé, environnementalisé, "milieutisé", d'après des règles très fluctuantes. C'est la règle du "rien se perd, tout ne fait que changer".

Vient aussi la notion du "beau et du laid", de "l'acceptable et de l'inacceptable", du "gentil et du méchant", "du permis et de l'interdit".  Le monde est fait comme cela, c'est-à-dire comme nous le voulons selon nos règles "élastiques".

 

La campagne et la ville méritent autant d'attention et de protection !

A en croire certains, on pourrait plus se permettre d'occupation anarchique du terrain en ville qu'à la campagne.  Campagne et Pays de Herve seraient synonymes de "porcherie" et ville (Verviers) de centre commercial. (à lire dans Le Jour, 28/01/06) 

Premièrement, des porcheries, il y en a partout.  C'est l'isolement qui justifie leur implantation à l'écart des zones habitées et non la verdure des campagnes (certaines porcheries ont plus de cochons qu'il n'y a d'habitants dans leur village; c'est cochons-city). Elles sont tellement industrielles que j'ai jamais vu un cochon au dehors ou même dans les prairies du Pays de Herve, sinon au travers de la tranche de jambon sur ma tartine.  Ah si...les p'tits cochons qui partent par charter en minitrip sur nos routes!  Pour ma part, j'ai une autre image du Pays de Herve, une image de vertes et grasses prairies garnies ci et là de vieilles espèces fruitières, de sirop, de bières, de cidres, de fromages à l'ancienne, de style d'architecture classée, et de jambon (tenez, revoilà mes p'tits cochons à la queue en tire-bouchon ...comme quoi la boucle est bouclée).  Et même si les porcheries sont nombreuses, ce n'est certainement pas cet élément qui donne l'atout paysager et environnemental au plateau herbager.

 

Et bien il en va de même pour le centre-ville de Verviers.  Le premier élément que l'on apprend sur la géographie verviétoise (déjà en maternelle et encore plus en primaire), c'est que la Vesdre y coule (et bientôt ... y coulait!).

Une rivière dans la ville est un élément indétrônable.  Il faut composer avec et non contre.  C'est un PATRIMOINE MAJEUR qu'il faut conserver dans toute sa vivacité.  Il faut lui garder son caractère "INCONSTRUCTIBLE" hormis les nécessités de certains ouvrages comme les ponts, passerelles, quais,... Mais en aucun cas, une portion importante de rivière ne peut être sacrifiée au nom du commercial. 

Ils sont combien tous ceux (politiques et autres) qui sont allés inaugurer les bords de Vesdre, puis leurs monuments et de vEnter (verba volant...) la qualité des lieux de par la présence de la rivière. 

En ville, la VESDRE est la "Place Bleue" de Verviers.  Un espace aussi vital pour le centre-ville que la Place Verte ou un parc. 

 

A titre comparatif, je trouve le projet Spintay plus dynamisant (et de fait "revitalisant") que l'espace Outlet Centre qui pèche par son manque de convivialité et risque de tourner à un futur "brocante center" s'il n'est pas revu dans sa présentation (écoutez les commentaires des habitués internationaux aux magasins d'usines...).  Comme quoi, il faut bien réfléchir avant d'engager des modifications de patrimoines (vision à long terme face au capital à risques...)!

Mais dois-je encore le rappeler, JE SUIS FAVORABLE à la présence d'un nouveau CENTRE COMMERCIAL et résidentiel au centre-ville, MAIS à PROXIMITE RAISONNABLE de la Vesdre. 

(à suivre: les rivières en caveau de Verviers)

21:44 Écrit par nic | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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