19/05/2006

Une règle des paysages?

Existe-t-il une règle en matière de paysage?  Oui et non, l'idéal étant toujours de garder harmonie et intégration des éléments participatifs à l'ensemble.  Un paysage est un ensemble associatif souvent unique. 

Par contre, il est tout à fait erroné de penser que ceux qui prônent l'intérêt paysager, sont des personnes qui défendent une règle statique des espaces.

(photo: 1900-2000, évolution du paysage de la Vesdre urbaine Spintay-Marteau.  Ouverture et dégagement du paysage. Socialisation de l'espace: accessibilité des rives au public par les quais Brel et Rapsat ! Pourquoi nous priver de ce droit par la privatisation des lieux et la couverture de la rivière??).

Un paysage a toujours une dimension vivante et évolutive.  Rien n'est statique.  Un paysage vit; il peut se renouveler, vieillir, s'user, renaître ou disparaître.  La gestion des paysages consiste à améliorer les vues d'ensemble et particulières, à conserver certains caractères, mais aussi à corriger les erreurs ou à en éviter de nouvelles!

Déjà rien qu'au rythme des saisons, les éléments naturels sont là pour nous le rappeler.  Cet élément est sans doute le plus difficile à imposer en ville, car tout le monde sait qu'une ville se résume à du béton, des briques et du bitume.  Il faut souvent lever le regard pour voir le ciel bleu ou la pluie.  Rien que par nos fenêtres, l'homme se cherche déjà des paysages en fonction d'un cycle journalier (jour, nuit,...).  Nous sommes tous d'une manière consciente ou non à la recherche de paysages (d'images) en fonction de nos aspirations et humeurs.  C'est ainsi que chacun aspire au meilleur paysage et environnement.  Certains sont économiquement contraints de vivre dans leur enfer, tandis que d'autres rejoignent les beaux quartiers.

Avec la mode aux centres commerciaux fermés, vous réduisez énormément la notion de paysage.  C'est-à-dire que l'on tombe dans une banalité aussi réductrice qu'une mise en boîte ou un sachet sous vide.  Tout cet univers est conditionné jusqu'à l'air ! La tendance est de nous imposer ce style de consommation souvent dénaturante et fragilisante.  C'est un peu comme la sueur: autrefois issue de la pénibilité du travail, aujourd'hui elle découle de plaisirs et aromatisée à la sauce transat ou sauna.  Donc dans un complexe hermétisé commercial ou autre, on ne parlera plus de paysage, mais plutôt de "décor".  L'art de la réussite repose sur la qualité de la mise en scène.  Regardez avec le projet de Foruminvest: alors que la Vesdre pourrait jouer pleinement office de paysage urbain vivant semi-naturel, le promoteur (pour des questions de rentabilité) préfère la couvrir et la remplacer par un décor erzatzien de quelques murs d'eau, et fontaines artificielles dont l'eau sera bien plus impropre que celle de la rivière et qui ne fonctionnera que durant la belle saison! Pour camoufler sa mauvaise intention et se donner bonne conscience, il détournera les esprits vers quelques aménagements aquatiques en amont et aval de sa grosse boîte. 

N'oubliez pas de participer à mes trois sondages sur la Vesdre.  Merci !

10:53 Écrit par nic | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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