04/06/2006

Vesdre: bord de Vesdre à...

Petite devinette: localisez les deux photos pour Dolhain et Pepinster (solution à la fin).

Nous voici au sujet du jour: Existe-t-il une architecture particulière des bords de Vesdre? Oui et non, comme toujours dans mes réponses!  Une généralité s'en dégage: une alternance entre les zones naturelles et urbanisées, et dans celles-ci, un mélange parfois organisé entre des zones d'habitat, d'industries (souvent anciennes), des rives (parfois "quais") publics et des portions semi-naturelles.

En milieu urbain, le type d'habitation "bord de rivière" est toujours d'origine modeste.  Dans certains cas comme à Verviers, des quartiers entiers peuvent être historiquement qualifiés de conditions ouvrières ou commerciaux.  Les industries ont eu leur apogée suivie de leur déclin et disparition.  Quant aux quartiers, ils sont souvent restés fidèles à la condition qu'on leur avait donnée.  Proximité des usines et puis l'habitat bordant la Vesdre avait le grand désavantage d'être accollé à une rivière qui ressemblait le plus souvent à un grand égout à ciel ouvert.  Puanteur, cloaque, rats, moustiques faisaient partie du quotidien des riverains.  On en est bien loin aujourd'hui, du moins à certains endroits réaménagés.

Le mode de vie pour facteur d'aménagement et d'architecture des bords de Vesdre  

Comme dans tout le bassin de la Vesdre (et une partie de l'Ourthe également), on retrouve une architecture de rive très simple mais pratique.  Une architecture guidée par la vie quotidienne au gré des différentes époques, inspirée directement par le vécu des riverains.  Aucune architecture particulière n'est recherchée: seule la fonctionnalité est la base de ce que certains appellent les "culs de maison".  Logiquement, les aménagements se font à la mesure des budgets: l'esthétique est loin d'avoir été la priorité, et donc on retrouve une sorte de bricolage généralisé où chacun apporte son style personnel et parfois ses astuces.  Pour ma part cette organisation sociologique est intéressante à analyser; je peux affirmer que cela fait partie du patrimoine socio-économique et populaire de la rivière à la fois outil et utilitaire. On retrouve également cette caractéristique de développement urbain dans les aménagements arrière des rues à flanc de colline. Mais dans une généralité, les arrières des maisons ont toujours été moins élaborés que les façades. Symboliquement, la façade étant la face publique pouvant faire office de "masque", et l'arrière pouvant véritablement dissimuler ce qui ne doit pas plaire mais "servir", c'est-à-dire la face privée et plus intime de l'habitation.  Un peu comme avec les êtres humains où la façade ne doit pas faire oublier qu'elle n'est souvent qu'apparence!  

Pour revenir au sujet: que vous alliez à Dolhain, Verviers, Pepinster,... l'organisation de l'espace Vesdre est fort semblable dans sa tradition historique. Il s'en dégage une certaine originalité où chaque cellule d'habitat est unique! On est à l'opposé de la banalité et de la froideur de constructions parfois trop uniformes.

C'est seulement depuis une prise de conscience qualitative plus "eau-rivière" et "environnementale" que "eau-décharge" (à présent la rivière apporte plus qu'elle n'emporte) que les choses peuvent changer en fonction de l'importance qu'on veut bien leur accorder (par exemple, par les contrats de rivières, CRVesdre et autres affluents). 

(solution des photos: photo 1 à Pepinster et la 2 à Dolhain. De minis-arrières Spintay avant le quai Brel, non?).

12:15 Écrit par nic | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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