28/01/2007

Verviers "revitalisation Spintay": oui à un projet public et non privé!

Revitalisation Spintay... Question d'essence et de logique...

Dans quelle logique sommes-nous? 

Je pense qu'il faut penser en termes de développement durable du centre-ville par un projet global urbain d'intérêt public, et non de portefeuille à garnir.  La priorité est-elle qu'un promoteur investisse dans le seul but de rentabiliser ses fonds de placements?  Qu'en fonction de ses ratios de rentabilité, ils menacent de la pluie ou du beau temps?  Car en fonction de la donne, le résultat des avantages perçus sera totalement différent!

Dans une nécessité de revitalisation de quartier, le but est-il que l'investisseur privé (Foruminvest) ait le monopole de la décision en fonction du profit qu'il veut en tirer?

Une rénovation de plusieurs quartiers ne devrait-elle pas s'imposer comme "publique"? Ce n'est pas au privé d'imposer son point de vue; la chose est du domaine public et de la responsabilité démocratique (politique, citoyenne,...). 

Avec le projet de revitalisation Spintay, c'est le monde à l'envers car c'est la logique lucrative qui impose sa loi et non l'intérêt général durable.

Ne prenons que deux exemples, celui de la gare des Guillemins à Liège et de l'Outlet à Verviers.   Pensez-vous qu'un investisseur privé aurait décidé de prendre en charge le coût d'une telle architecture ambitieuse et futuriste?  Que nenni, vous auriez-eu droit à une gare de type "cage" ou "conteneur"!  Par contre, avec un appel à projets, un financement public, le résultat est totalement différent car l'essence du projet n'était pas la rentabilité mais bien d'offrir un oeuvre architecturale inédite et durable répondant à la modernité du réseau ferroviaire.

Passons à l'Outlet de Verviers.  On reconnaîtra facilement que c'est plutôt du style pavillons de caserne et parking "grande surface". Normal quand on est dans un certain esprit d' "usine".  Car l'investisseur privé ne recherchait pas le chef d'oeuvre mais une formule bon marché et en principe rapidement rentable.  Du style "boîtes d'emballages" qu'on aligne. Et les terrains sont privés, me semble-t-il. D'où une certaine liberté d'expression architecturale... minimaliste. D'accord, on ne va pas à l'Outlet Ardenne Center comme on irait à une expo d'art. Quoi que, ayant eu l'occasion de rencontrer plusieurs clients "internationaux" DES magasins d'usine, ils attachent une certaine importance à l'agencement des espaces et de la convivialité allant des parkings à l'accueil dans les commerces.  Et leurs remarques sont souvent pertinentes...  

Pour ma part, j'ai de plus en plus la conviction que l'Outlet a un potentiel sous-exploité et qui mériterait d'être développé avec de très conséquentes économies d'échelle (exemple: rehausser le parking Outlet d'un petit complexe commercial d'arrondissement). Tout Gérardchamps aurait dû être repensé commercialement avec plus de connexions entre les deux côtés du boulevard!

Avec l'espace Vesdre, c'est tout le contraire: espaces publics, de qualité avec un élément unique en son genre: la Vesdre.  Verviers "capitale wallonne de l'eau", Vesdre "filon bleu" ("d'or ou d'argent" c'est pour Foruminvest) de l'Ardenne Bleue; combien d'architectes, de municipalistes ne rêveraient-ils pas d'avoir une rivière vivante (c'est pas un canal!) couler au centre de leurs projets et villes?  La richesse des eaux vivantes, courantes et ouvertes par rapport aux eaux stagnantes ou aux égoûts enterrés, c'est un peu comme les idées !

Mais voilà, l'hystérie ambitieuse du fric à rentabliser "coûte que coûte" tout en dégradant l'espace public montre une fois de plus la cupidité de quelques personnes à écraser les causes au service d'un développement harmonieux à long terme.

Verviétois, réagissez et ne vous laissez pas bercer par les belles paroles et actions-cadeaux des promoteurs.  Si certains se sont déjà vendus, la Vesdre n'est pas à vendre et VOUS non plus!

Le projet de revitalisation présenté par Fouminvest et soutenu par le bourgmeste est un projet extrémiste en de nombreux points.  Même si la tentation est forte, vous ne pouvez pas cautionner ce type de projet réducteur et dévastateur! 

Soyez citoyens, et exigez un projet "public" durable et respectueux de la spécificité urbaine verviétoise!

12:37 Écrit par nic dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Je ne suis pas d'accord lorsque vous dites que les investisseurs publics favorisent plus l'architecture audacieuse. Il n'y a qu'à voir la nouvelle aile palais de justice de Verviers(public) et les batiment de GSK à Rixensart (privé) Il n'y a pas photos. C'est une affirmation complètement stupide

Écrit par : a.l | 30/01/2007

Privé contre public ? Il faut placer mon intervention dans le cadre d'un projet qui anime l'actualité verviétoise depuis plus d'un an. Il est clair que celui qui prendra le texte au vol et en dehors du contexte le trouvera stupide. Toutefois, j'suis d'accord avec vous pour certains points, car il existe des réalisations privées hors du commun, audacieuses et parfois exemplaires. Mais pour le thème abordé, je parle de surfaces de plusieurs dizaines de milliers de m² et pas à l'échelle d'une façade ou d'un bloc de bâtiment. Pour être clair, quel est le complexe commercial moderne (style hypermarché, brico, aldi et cie, centre commercial, outlet, galeries,...) qui sera classé au patrimoine dans 100 ans? Pas nombreux me semble-t-il? A Liège par exemple, quelle nouvelle construction privée serait en mesure de rivaliser avec le projet de rénovation de la gare des Guillemins ? C'est une également une exception, je l'avoue.
Ce que je dis, c'est qu'il est plus facile pour un "privé" de couvrir (et rentabilser) une surface libre comme une rivière, que d'avoir l'ambition de construire "AVEC" par une mise en valeur. Mais voilà, le privé ne veut pas se priver d'occuper quasiment gratuitement une surface de plusieurs milliers de m² que lui offre le bourgmestre de Verviers.
Rares sont les fonds de placements qui ne souhaitent pas rentabliser leurs investissements. Et c'est aussi là toute la différence entre le privé et le public. Le privé, c'est le profit des actionnaires (nécessaire et compréhensible selon certaines limites) ; le privé, le bien-être de la société (également selon certaines balises).
Pour celui qui compendra mon message (selon l'historique 2006), je dis tout simplement que le public peut se permettre d'investir à perte au profit de l'intérêt général.

Écrit par : nic | 30/01/2007

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